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La vraie justice

Réclamer la restitution du foncier guyanais "volé par la France" il y a 5 siècles c'est en vérité réclamer que la France restitue le foncier amérindien aux amérindiens.


La première justice doit être dans l'intention politique. Et les mots ne doivent pas être sujet à une manipulation aussi fine que celle qui fonde la propriété privée de l'Etat français sur les terres guyanaises.

Réclamer la restitution des terres en toute légitimité pour quelles soient logiquement la propriété des 6000 survivants amérindiens dépossédés, est une manipulation.

Car, la vérité c'est que légitimement seuls les amérindiens, et nul autre à part eux, selon cette approche, ne sauraient devenir les nouveaux propriétaires de ce foncier.

Ceux qui diront que les esclaves marrons, les afrodescendants, les mulâtres, les créoles... ont été eux aussi dépossédés, ne trouveront pas l'histoire en leur faveur, car là encore la vérité, c'est que ces derniers avaient possédé de "la terre volée" à l'origine par les français.


Mais j'ose aller plus loin. Et, si cette restitution de la terre volée devait intervenir demain et que les amérindiens survivants se voyaient à juste titre restituer leur terre, que ferait les 344000 autres habitants actuels de la Guyane?

Passeraient-ils (au nom de la justice pour tous) par les urnes afin de savoir qui devraient gérer ce foncier restitué?

Et quj gagnerait à l'heure de ce choix : les 6000 amérindiens ou ceux parmi les 344000 autres habitants?


C'est pourquoi j'ose dénoncer une injustice qui ne ferait que remplacer une autre injustice. Et les amérindiens ne seraient qu'une nouvelle fois spolier.


J'ose dire que mon émancipation et ma décolonisation mentale réside dans le refus de faire ce que le colonisateur a pratiqué durant des siècles. Ces manigances et ces manipulations indignes qui ont procuré tant de souffrances à ma terre, je me refuse d'en être l'héritier et le nouvel utilisateur.

Car, ce n'est pas le juste prix à payer pour la liberté de chacun sur ce territoire. Donc, cette incantation de la restitution de la terre n'est pas juste selon moi.

J'ose enfin proposer non pas une restitution d'une terre volée mais le transfert de la totalité de cette propriété privé de l'Etat à tous les guyanais, cela sans conditions et avec les réparations de tous les préjudices subis.


J'affirme que sommes déjà prêts à en être les propriétaires légitimes TOUS qui ont dans les veines cette terre et qui l'appelleront pour l'éternité, ensemble et unis : Guyane.


La Guyane est le chemin de la réconciliation, de l'union et de la lutte digne et respectable pour récupérer notre terre à tous.


Pour réussir, je ne crois pas en l'expérience des autres mais j'ose croire en notre capacité à être dans la vérité entre nous.

À nous regarder, à nous parler et à agir entre êtres égaux dont l'identité est donné par l'appartenance à cette terre exceptionnelle.


La Guyane est ma terre, et celle de mes sœurs et de mes frères, des origines et des temps qui ont passé, qui ont vu leur avenir en commun ici et pas ailleurs. C'est pourquoi je peux dire avec tous JE SUIS GUYANAIS"


C'est aussi pour cela que j'ose croire que la Guyane soit au dessus des coutumes et des identités éparpillées. Qu'elle soit le lieu et le nom par lequel le monde entier entende une seule voix et un seul cri qui réclame justice.


Pour réussir, le courage le plus dur à trouver n'est pas celui de se complaindre et de vouloir lutter sans se battre, non, le courage le plus dur à trouver est celui d'abandonner ce que nous croyons être pour devenir ce que nous devons être.

Non plus des peuples fiers et divisés mais un seul peuple debout prêt à lutter dans les actes et non plus dans les discours.


Ne soyons plus courbés, relevons la tête et rassemblons nous : nos cultures en une seule, nos savoirs en un seul, notre courage en un seul.

Soyons tous guyanais d'abord et avant tout et le monde ne sera plus berné par une mozaique mais éblouis par un trait de lumière extraordinaire.




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