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La Guyane jacobine

Est défini en politique comme jacobin un état où le pouvoir est centralisé. Il est intéressant de tenter de comprendre alors comment des responsables politiques en Guyane se plaignent de la centralisation de l´Etat français et en même temps favorisent l’établissement d’un pouvoir politique centralisé localement.

Certains d’entre eux, élus locaux, ont tout simplement adopté le principe selon lequel il est impossible de gérer une commune par exemple sans le concours, mais aussi, presque le bon vouloir de la Collectivité majeure, la CTG. Nous sommes dans un cas de figure où une vision unique s’impose et une science infuse fait loi. D’autres, pas encore élus, mais souhaitant l’être, admettent tout autant que se faire élire sans avoir fait allégeance à la CTG est une faute grave. Une allégeance politique déguisée sous les traits d’un soi-disant partenariat gagnant. Cela est d’autant plus intéressant que la constitution française introduit un principe fondamental de libre administration des collectivités entre elles, c’est à dire, qu´aucunes collectivités n’a de pouvoir sur une autre. Alors, comment ne pas s’inquiéter face à cette nouvelle vague de nouveaux élus qui choisissent en majorité de s’aliéner à une politique qui en rien ne servirait l’intérêt général de leur population, mais au contraire, l’intérêt d’un seul, estimé, à tort ou à raison, comme le maillon fort puisque président de la collectivité majeure de Guyane. Il y a comme explications les indéniables difficultés financières, fiscales et budgétaires des collectivités locales certes. Mais, qui y a t’il d’autres? L’extrême dépendance des petites collectivités locales aux compétences de la plus grande collectivité, la CTG.

Mais, n’y aurait-il pas aussi des calculs politiciens et démagogiques? Des ambitions personnelles qui valent n’importe quel prix?



Á la question de savoir si dans ce contexte il est bon de vouloir être candidat à une responsabilité politique, je dirai qu’il est nécessaire d’être au clair sur les objectifs politiques mais aussi les valeurs qui animent les prétendants.

Enfin, si la Guyane est jacobine, il n’en reste pas moins qu’elle est donc bien française dans ses pratiques politiques. Alors, comment débattre d’une Guyane différente, fondée sur le développement de ses potentiels quand une grande partie de la classe politique locale ne sait que se réfugier dans le confort d’un centralisme qui l’arrange? Un centralisme qui a démontré ses limites face à la libre expression des atouts guyanais !


Ma position est claire, et est la suivante : si nous ne savons relever l’échine alors rien ne sert de vouloir porter seul la charge de la Guyane de demain.




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