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Le sein de la république 

Dernière mise à jour : 28 avr.

Un nouveau congrès des élus et que d’émois encore une fois sur une question qui n’est toujours pas prise dans sa pleine et entière simplicité. 


C’est quand même incroyable comment la force d’un rêve ou d’un fantasme peut étirer la réalité. 


Dans ce débat institutionnel en Guyane, mais quelle est donc cette réalité ?


Au sein de la république française et rien d’autre !


Premièrement, il s’agit tout simplement d’une demande politique des élus réunis en congrès de changer de cadre statutaire au sein de la république française


Deuxièmement, la classe politique est presque d’accord pour dire que ce changement est inévitable et qu’il faut aller vers autre chose : un article dans la constitution française qui donne plus d’autonomie aux institutions locales. 


Enfin, il s’agit d’un processus que seul le président de la république et le parlement français maîtrisent le temps de sa réalisation. 


Voilà, ce n’est que ça. 

En plus clair, il ne s’agit surtout pas d’un processus sur l’identité guyanaise, sur une demande de réparation vis à vis de la France, d’un cheminement vers l’indépendance politique de la Guyane donc d’une séparation de la France. 


Bien au contraire, ce processus ne fait qu’inscrire encore plus la Guyane dans la constitution française. 

Au bout de ce processus, la Guyane sera toujours française et encore plus française dans le sens où elle pourrait exister désormais dans toutes ses spécificités dans l’ensemble français. 


Alors, cela veut bien dire que tous ceux qui depuis des années ont essayé dans ce processus de faire croire qu’il pourrait s’agir d’autres choses ont bel et bien menti et continuent de mentir et pire de se mentir. 


Il y a des sujets guyanais et qui ne concernent que les guyanais entre eux : identité, culture, cohésion sociale, unité, solidarité, fraternité. 

Ce sont les débats internes. 


Et il y a des sujets qui concernent la France et la relation de la Guyane avec la France : statut et institution dans la constitution, droits et devoirs de la République, justice, égalité et équité entre la « métropole » et ses départements outre-mer…

Ce sont des débats externes qui se tranchent tous d’ailleurs à l’extérieur de la Guyane (à Paris). 


Que voulons-nous dire à la République ?


Plus précisément, dans ce projet Guyane, les élus et autres représentants de la coutume et de la société civile peuvent exprimer tout ce qu’ils veulent pour demain. 

Mais, sans oublier de dire la vérité au peuple. 

L’autochtonie, les pouvoirs exécutifs entre les mains de représentants non élus du suffrage des urnes, la coopération directe avec nos voisins etc… sont autant de sujets qui seront rejetés par le cadre constitutionnel français. 

Inutile d’en débattre pendant des semaines. 


La question est désormais de savoir quelle stratégie est à inscrire dans un projet républicain pour que ce genre de hors sujets soient, non pas adoptés dans un nouveau statut, mais, à minima, exprimés dans les échanges avec le gouvernement. 


Et c’est là, hélas, que l’émotion envahit subtilement un certains nombre de nos représentants. 

Beaucoup qui se projette dans l’avenir ne peuvent souffrir de s’imaginer demain autrement que français et cela à n’importe quel prix. 

D’autres encore, s’imaginent autrement que français quoiqu’il arrive un jour. 


Voilà, la typologie principale des opinions qui s’expriment ou ne s’expriment pas souvent. 

Ce qui est peut être normal quand on y pense car une des conséquences de la servitude, l’asservissement, l’esclavage, la colonisa et l’assimilation, est de produire des individus incapables de se gouverner seul. 


Alors, seul doit compter la capacité des guyanais à exprimer ce qui relève de leur rêve et ce qui relève de leur urgence quotidienne. 

À quoi cela sert de poser sur le bureau du président de la République des sujets hors sujets ? De même, de présenter des sujets qui ne vont pas apporter de réponse aux urgences pragmatiques du quotidien ?

Il y a là encore un échec lamentable à répondre à ces questions.


On est si bien au sein de la République. 


Ce qui est sûr, c’est que ce dernier congrès n’a fait que remettre chacun dans ses propres angoisses. Et tout le monde dans ses propres limites, celles fixées par la peur de disparaître de la surface de cette terre de Guyane. Ni amérindiens, ni bushinengués, ni créoles ont exprimé pendant tous ces débats qu’une seule chose fondamentale : le désir viscéral d’exister, être reconnu et survivre. 


Au point que finalement, pour le seul interlocuteur de ce processus : l’Etat,

la partie reste encore plus facile à jouer. 

Car l’Etat a compris cette revendication commune et ainsi quoi de plus facile que diviser ce qui l’est déjà. 


Alors, oui, ce processus est simple, et à y regarder de plus près au moins deux éléments peuvent nous permettre de retrouver l’unanimité et l’unité. 

Le premier qui nous rassemble, c’est ce besoin de reconnaissance et de survie. 

C’est un des points de ralliement des forces vives guyanaises. 

Une revendication sans appel qui dit tout simplement ce que nous voulons fondamentalement.  


Le second, c’est le processus lui même qui ne peut que s’inscrire dans le sein de la république française. 

Ce processus oblige que les actes qui résultent des accords politiques soient conformes à la constitution française. 

Et c’est là, qu’il nous faut arrêter de confondre les objectifs des discussions. 

L’autochtonie guyanaise par exemple n’est pas un débat international et encore moins français, c’est un débat interne qui pose l’objectif de nous reconnaître entre nous mêmes. Il n'y aurait plus aujourd'hui un peuple autochtone mais surement des peuples autochtones...Mais, que cette question imprègne une résolution du congrès est une chose, qu’il en soit un sujet de conformité est un hors sujet malgré tout dans le processus engagé. 

Et, de toute façon, la France ne débattra des hors sujets mais les évacuera sans ménagement. 


Voilà donc où nous en sommes, avec à l’issue de ce cycle de congrès, il y a des déçus et des incrédules. 

C’est à ceux là que je pense car ils seront ceux qu’il sera bien difficile de convaincre quand viendra le temps de la consultation populaire. 



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