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Commission, enquête et?

Deux députés de Guyane se réjouissent pour l’un de présider les travaux d’une commission d’enquête sur l’orpaillage illégal et pour l’autre d’y participer.

Cette commission d’enquête comme son nom l’indique enquêtera, cependant elle ne fera finalement que s’attacher à l’écriture d’un rapport comme toute les commission d’enquête de l’Assemblée Nationale.

Alors, quelles seraient les réelles raisons de cette autosatisfaction anticipée?

Serait-ce celle de mener une investigation audacieuse sur une activité qui fait des ravages humains et environnementaux? Ou encore, de passer au crible les manquements de l’Etat en Guyane et son incapacité à éradiquer l’orpaillage illégal voire l’orpaillage tout court comme le souhaite certain défenseur de la nature? Enfin, peut être de faire témoigner des garimperos sous serment?


Il est possible de se dire que l’orpaillage illégal implique des conséquences sur la vie sociale et économique guyanaise.

Tout comme d’autres sujets tel que la santé, le narco trafic, le logement insalubre, le trafic des squats, l’illettrisme, les transports dangereux sur les fleuves non naviguables, le chômage des jeunes, les incapacités du système scolaire, l’ultra dépendance économique aux importations par exemple.

Au mois de juillet de cette année, les députés auront fini en tous cas par traiter au moins une problématique parmi tant d’autres.

Et, nous saurons si l’Etat sera tenu ou pas pour responsable sur ce sujet en particulier, à moins que ce ne soit pas au final l’objectif visé.


L'orpaillage dont il est question ici est illégal car il est une activité qui ne respecte pas certaines règles et enfreint certaines lois. Son illégalité n’est pas que morale, elle est économique et sociale assurément, mais elle n’est pas culturelle ou historique non plus.


La réalité historique de l’orpaillage, un peu dérangeante pour les ayatollahs écologistes, en Guyane est vieille de plus de 140 ans. Elle a été dès son origine une activité d’une grande portée économique et sociale, ces acteurs ont toujours été d’origines diverses et variées, elle a par ailleurs contribuer au financement du développement économique de la nation française et même participé au financement de deux grandes guerres mondiales.

Extraire de l’or en Guyane il y a quelques decennies encore n’avait rien d’illégal alors même que l‘utilisation du mercure entre autre était autorisé.

Avec le discours de Jacques Chirac en 1992 marquant le changement de doctrine industrielle des gouvernements français qui se sont succédés depuis, l’écologie et le développement durable se sont désormais imposés, non pas comme un nouveau modèle économique et social, mais comme une nouvelle idéologie politique.

Le politiquement correct est ainsi devenu l‘écologiquement compatible. Gagner un pouvoir politique en occultant l’écologie politique étant quasiment impossible alors nous avons droit à toutes sortes d’interdictions et de préférence sans aucun souci de la préservation de la démocratie si chère à la France.


C’est dans ce contexte, en 2021, que nous en sommes arrivés à déterminer deux activités d’orpaillage, celle légale (mais surtout pas de taille industrielle car si la France autorisait une mine industrielle, véritable moteur économique au même titre que le spatial, cette industrie ferait décoller l’économie locale mais en plus elle pourrait donner l’idée à certains guyanais de financer par cette manne une certaine idée de l’autonomie, de l’autosuffisance et au grand Dieu : l’indépendance!) et celle illégale car contraire aux règlements et aux lois françaises, européennes et internationales.


L’orpaillage légal est un concept pourtant devenu assez simple à comprendre car le gouvernement sous la pression de cette doctrine « verte » a déterminé que cet orpaillage devait répondre à certains standards environnementaux français. Ainsi, sont autorisées des exploitations, pas trop nombreuses et très artisanales. Assez petites en taille pour ne jamais mettre en péril la biodiversité guyanaise qui est selon beaucoup de spécialistes écologistes en grand danger pour les années à venir. Les mines de grandes tailles, même moins grandes et moins polluantes que l’activité spatiale à Kourou (superficie du CSG : 700 km2, à calculer en nombre de terrain de foot ou de stade de France), ne correspondent pas aux standards environnementaux de la France. Leur activité sont considérées encore pour l’instant comme légale.

Par contre l’orpaillage illégal semble être devenu lui un sujet bien plus complexe car un énième rapport, cette fois de l’Assemblée Nationale, doit rendre compte de ce que l’Etat sait déjà. Mais, que sait-on vraiment? Là est la question. L’orpaillage illégal est donc un vrai sujet.


« Quand vous voulez vous débarrasser de votre chien vous dites qu’il a la gâle ».

Reprenons et résumons :

Extraire de l’or du sous sol guyanais n’est pas compatible avec les standards environnementaux de la France. L’extraction si elle doit être autorisée encore doit être une activité de très petites tailles sans quasi aucun impact sur l’environnement. L’extraction de l’or en dehors de ces principes n’est pas envisageable et pour le reste tombe sous le coup de l’illégalité.


Autant dire que ce n’est qu’une question de temps pour que l’activité sous toutes ses formes soit une fois pour toute interdite et dans ce cas de figure n’importe quelle commission d’enquête ou n’importe quel rapport suffira pour aider à inscrire cette décision dan le marbre de la république en vertu de la protection d’un environnement à priori en « très grand danger en Guyane ».


Gageons qu’une fois cette étape franchie l’orpaillage dans son entier rendu illégal il sera bien plus facile d’ordonner des politiques répressives bien plus tranchantes et définitives contre les contrevenants venus du Brésil, du Suriname ou de Guyane française.

















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